lundi 23 novembre 2009

Marouba, Opérateur culturel et SDF en littérature.

Ce jour 11 novembre 2009, l’Association Sénégalaise des Professeurs de Français(ASPF) a choisi d’honorer un témoin de notre temps que l’on dit écrivain mais qui se déclare d’abord Professeur de Lettres.


L’homme, à l’allure vive et aux gestes saisis comme dans un instantané, ne laisse pas de surprendre. Le nez au vent pour humer les senteurs de la vie, il donne l’impression d’être aveugle et sourd à ce qui l’entoure… La voix grasseyante et traînante, il passe, à petits pas comptés et sautillants, mais son œil a figé le meilleur, son oreille immobilisé l’instant qu’il ira ruminer loin du monde.

C’est que l’homme se dédouble en un instant : il voudrait REfaire le monde tout en le RAcontant ! Il voudrait le dire tel qu’il est – ou tel qu’il semble être – mais le voudrait idéal pour les hommes de toutes conditions et de toutes races.

L’écrivain, qui ne le connaît ?

Le romancier, le dramaturge, mais avant tout le poète et le conteur…

Marouba considère en effet que la POÉSIE demeure la voie royale pour entrer en littérature. Il sème son parcours de pépites mais ne s’empêche pas de lancer des cris d’un assoiffé de…paix ! En réplique à un autre témoin de notre temps, son complice en errances poétiques – Amadou Lamine Sall – qui le considère comme un « polygame en matière d’écriture », il se défend : « Je suis plutôt SDF puisque je fréquente, au gré de mon inspiration, différentes maisons littéraires » (la poésie, le théâtre, le roman…)



Nous, professeurs de Lettres, ne retiendrons qu’une chose essentielle : l’écriture de Marouba est une écriture d’une extrême richesse par son style poétique touffu (le sujet de commentaire donné au BACcette année et extrait de son Aliin Sitooye Jaata ou la dame de Kabrus en témoigne assez) quand il n’a pas choisi de le laisser dépouillé comme il le fait dans La collégienne. Il faut savoir que la conscience du professeur qui écrit pour donner de la matière à étudier ses textes est toujours en éveil au moment où il « lit (s)es ratures » !

Mais l’homme n’a pas dévoilé tous ses tours…

Connaissez-vous Marouba le conteur ? En français… et en wolof, sa langue de lait tétée à la source maternelle. Il le dit : « l’écrivain prend la relève du conteur ou du griot. Il a un vrai travail de magicien : il faut faire vivre et vibrer la lettre, faire parler, rire, chanter et crier les mots ; donner à la phrase souffle et rythme jusqu’à ce qu’elle recrée l’ambiance enfiévrée des veillées d’antan en entretenant l’illusion du lecteur de se promener à travers des paysages familiers et de regarder vivre des personnages dotés d’âme. »

L’opérateur culturel, qui le connaît ?

J’ai connu Marouba volontiers conférencier, animateur d’ateliers de lecture et d’écriture. Ce sont là des activités de soutien aux enseignements que chaque professeur doit mener. Aujourd’hui Conseiller Technique en charge des Affaires socio- culturelles du Ministère de l’Enseignement Secondaire, des Centres Universitaires Régionaux et des Universités, Marouba ne se contente pas de porter à bout de bras l’entreprise d’éducation et d’encadrement des populations. Il met en place un véritable cadre propice à l’éclosion de la littérature !

Certes, le combat de Marouba est celui que nous menons ensemble, REPRO-EFFA, RESACLAP, ASPF, pour la Culture, pour la promotion du livre et de la lecture. Loin de manquer d’esprit d’initiative, il nous emporte dans un tourbillon de concours dont les règlements restent des modèles garantissant la créativité et l’originalité.

Le CONCOURS VOIX ET PLUMES (2005 ET 2007), c’est lui !

Le CONCOURS LITTÉRAIRE BSDA (2007-2008), c’est lui !

Le CONCOURS DE TRADUCTION proposé pendant la Semaine de la francophonie 2008 par le GIPROLEC (Groupe d’Initiatives pour la Promotion de la Lecture et de l’Ecriture), c’est encore lui !

Il trouve encore la force d’être le Coordonnateur des Intellectuels et Cadres de Médina Gounass…

Car le combat de Marouba est celui de l’orpailleur, du découvreur de talent. La priorité, il la donne, en homme avisé, d’abord à la promotion du livre au Sénégal.

« Si nous ne faisons pas nous-mêmes la promotion des auteurs sénégalais, QUI LE FERA ? » s’inquiète-t-il souvent.

La leçon a été comprise. Nous sommes là, autour de toi, Marouba, parce que

« POUR NOUS

CONTRE L’OUBLI

TU ES VENU

Annie COLY,
Présidente du Réseau des Clubs de Littérature,
d’Art et de Philosophie Léopold Sédar Senghor,

Hommage à Marouba FALL
par l’Association Sénégalaise des Professeurs de Français,
au Restaurant « Les Saveurs », Dakar, le 11 novembre 2009.

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